Recyclage photovoltaïque : Guy, diplômé Phelma 2003 est aujourd’hui porteur du projet RoSi

Guy est chargé de recherche CNRS au laboratoire de Science et Ingénierie des Matériaux et Procédés (SIMaP). Il travaille pour la startup grenobloise « RoSI » qui offre une solution inédite pour recycler le « kerf », un déchet issu de la production des wafers solaires. Il nous parle de son parcours à Phelma et des projets de la jeune entreprise.

Parlez-nous de votre parcours

Mon cursus est assez "classique" pour un étudiant français d'école d'ingénieurs. A l’issue du lycée, j’ai suivi une formation en classes préparatoires des grandes écoles (CPGE) me permettant ainsi d'intégrer Phelma.

En classes préparatoires, je ressentais une certaine appétence pour la fabrication d'objets "concrets", je me suis donc orienté vers la voie « matériaux ». Le cursus de Phelma m'a permis d'en découvrir les différents aspects, mécaniques ou fonctionnels, ainsi que leurs procédés d'élaboration, par métallurgie ou électrochimie par exemple.
Ce cursus m'a ouvert la voie de l'élaboration de matériaux fonctionnels, en particulier dans le domaine des semi-conducteurs.
 

Vos études à Phelma sont-elles en adéquation avec le poste que vous occupez ?

Phelma apporte la double compétence en matériaux mais aussi en procédés. Cette particularité permet non seulement d'envisager des matériaux ayant des propriétés originales ou optimales, mais aussi de concevoir le procédé pour leur fabrication, ce qui est tout de même essentiel !

Ayant fait mes études à l'ENSEEG, une des trois écoles fondatrices de Phelma, je dirais que l'organisation en filières à Phelma apporte une plus-value certaine par rapport à la précédente organisation car elle permet une meilleure interdisciplinarité. C'est intrinsèquement indispensable pour la science et l'ingénierie des matériaux.
 

Quelle est, selon vous, la force de Phelma vis-à-vis du monde du travail ?

La qualité de la formation dispensée à Phelma et sa proximité avec les besoins industriels sont la grande force de l’école. Sa localisation géographique dans un bassin d'emploi très technologique lui assure un ressourcement dynamique en termes de besoins du marché du travail, ainsi que des débouchés pour ses étudiants.

Mais quant à parler de ses forces, il ne faut cependant pas passer sous silence les éventuels risques. Phelma ne fait de mon point de vue pas exception à une tendance assez générale d'une certaine déconsidération des métiers industriels. Un nombre sensible d'étudiants semble favoriser des activités plus "business" ou de management, en tout cas moins techniques. Il me semble important de rappeler qu'en France et en Rhône Alpes tout particulièrement existent des PME dynamiques dans des domaines d'ingénierie avancée qui rencontrent régulièrement des difficultés de recrutement sur des offres à forte technicité. Le marché de l'emploi existe sur ce type de poste, il serait dommage de se censurer.
 

Parlez-nous de l’activité de la startup RoSi

La startup RoSi SAS est spécialisée dans le recyclage des déchets de silicium de la filière photovoltaïque. Plus exactement, RoSi a pour objectif de réemployer le silicium de haute qualité actuellement perdu lors de la fabrication des wafers et dans les modules en fin de vie comme matière première pour cette même filière.

Plutôt que le recyclage du déchet dans des filières à moindre valeur ajoutée qui est actuellement pratiqué, il s'agit d'un réemploi réel visant à optimiser la consommation d'une matière première de silicium très consommatrice en ressources naturelles et en énergie - et par là-même très émettrice en CO2- pour rendre la filière photovoltaïque réellement vertueuse et soutenable.
 

Qu’est-ce qui vous a motivé à lancer votre activité ?

Deux opportunités, la première est que le marché n'est devenu réellement mûr pour la technologie de RoSi qu'il y a deux ans environ; la seconde est la rencontre avec les autres fondateurs, qui a permis de constituer une équipe performante, chacun apportant des compétences complémentaires.
Ces deux opportunités ont rendu le projet de startup réellement crédible.
 

Quelles sont les prochaines grandes étapes et grandes dates ?

La prochaine grande étape est la réalisation d'un chiffre d'affaires, ce qui constitue un signe de reconnaissance et de confiance d'un point de vue technique, et un signal fort vis-à-vis des investisseurs.

Il s'agit d'une étape importante et difficile à concrétiser pour une startup. Nous espérons que ce cap sera franchi pour RoSi en 2019.
 

Pourquoi avez-vous choisi de monter votre startup à Grenoble ?

L’environnement grenoblois est particulièrement favorable pour le montage d'une startup, et il me semble important de saluer le fort dynamisme ainsi que la qualité de l'aide apportée par notre incubateur régional Linksium.

Le sillon alpin est également très favorable à RoSi compte tenu de son domaine d'activité dans le silicium, avec la présence de grands acteurs dans la région tant du point de vue des industriels que du fort tissu de laboratoires et de centres de recherche.
 

L’école Phelma vous a-t ’elle bien préparé et aidé à lancer votre projet ?

La formation dispensée par l'école m'a surtout permis d'avoir les connaissances techniques pour ce projet. C'est essentiel !
D'un point de vue logistique, Grenoble INP est très engagée en hébergeant RoSi dans ses locaux, ce qui permet de bénéficier d'une infrastructure matérielle mais aussi et surtout de contacts auprès des chercheurs et étudiants.