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Olivier Llido, diplômé Phelma 2012 : un an en mission dans les Terres Australes et Antarctiques Françaises

Publié le 6 novembre 2014
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6 novembre 2014

Olivier Llido, diplômé Phelma 2012 de la filière Génie énergétique et nucléaire (GEN) a été sélectionné par l’institut polaire français Paul-Emile Victor (IPEV), dans le cadre d’un volontariat de service civique, pour passer plus d’un an en mission sur l’île d’Amsterdam, dans les Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF).

Olivier Llido, diplômé Phelma 2012

Olivier Llido, diplômé Phelma 2012

Olivier,  parlez-nous de l’Institut Polaire Français Paul-Emile Victor

L’Institut Polaire Français Paul-Emile Victor est une agence de moyens et de compétences au service de laboratoires de recherches nationaux. Son rôle est d'offrir un cadre juridique ainsi que les moyens humains, logistiques, techniques et financiers nécessaires au développement de la recherche française dans les régions polaires. Le laboratoire qui propose la mission à laquelle je suis rattaché est le Laboratoire des Science du Climat et de l’Environnement - LSCE (CNRS, CEA, UVSQ, IPSL). La mission consiste à s’occuper d’une station de mesure de gaz à effet de serre (CO2, CH4, N2O, SF6) sur l’île d’Amsterdam, une de îles les plus isolée du monde. J’ai postulé auprès de l’IPEV en décembre 2013 pour un départ en novembre 2014. Le recrutement est très long car en plus des entretiens nous devons passer des examens médicaux et psychologiques poussés. Nous devons également préparer nos bagages (entre 100 et 150 kg), ce qui demande beaucoup de temps et être formés dans des laboratoires.

Quelles seront vos missions ?

L’île d’Amsterdam est un site particulièrement intéressant pour faire des mesures de gaz à effet de serre, car en tant que point le plus éloigné de toute masse continentale et de toute activité humaine, les mesures ne sont pas perturbées par l’environnement local. Les concentrations de gaz à effet de serres relevées sont donc représentatives de la concentration de fond de ces gaz dans l’atmosphère de notre planète et servent de référence mondiale à toutes les autres mesures. Au quotidien, le travail consiste à prendre en charge un certain nombre d’équipements destinés à la mesure continue de ces gaz ou encore aux prélèvements d'air par flacon qui seront renvoyés en métropole pour analyses complémentaires. J’aurai la responsabilité de contrôler le bon fonctionnement des appareils de mesure, d’étalonner les instruments, de juger la qualité des mesures et de recueillir et d’archiver les données. Au-delà de ma mission je devrai prendre part à la vie de la base au sein d’un groupe de 20 personnes, participer à l’entretien, à la mise en place d’équipe de secours (médicale et incendie) et ponctuellement apporter une aide aux autres programmes de recherche (biologie animale principalement).

Cette mission d’un an préfigure-t-elle une réorientation professionnelle ou peut-on la voir comme la réalisation d’un rêve ?

Très jeune, j’ai été fasciné par l’aventure humaine et scientifique que constituent les missions dans les TAAF (Terres Australes et Antarctique Françaises), mais je ne pensais pas que j’aurai la possibilité d’y participer un jour. Cette mission est donc pour moi un rêve qui se concrétise mais je ne la vois pas comme une réorientation professionnelle. En fait, partir dans les terres australes en tant que volontaire de service civique ne nécessite pas d’être un spécialiste du domaine étudié. Les volontaires doivent avant tout être capables de faire tourner les expériences et de faire de la maintenance sur les appareils. Des connaissances générales en électronique, informatique et chaines de mesures sont donc suffisantes. Tous les ingénieurs sortant de Phelma ont ces compétences, quelle que soit la filière qu’ils ont suivie. Enfin, même si nous sommes en contact permanent avec les chercheurs et les ingénieurs qui portent les programmes de recherche depuis la métropole, les volontaires doivent avoir un bon sens pratique et ne pas avoir peur de mettre les mains dans le cambouis.

Quelques mots sur les programmes de recherche sur la faune ? Quels seront d’ailleurs vos voisins et quels moyens particuliers aurez-vous ?

L’île d’Amsterdam abrite de nombreuses espèces animales. On y trouve beaucoup d’otaries, des éléphants de mer, différentes espèces d’albatros, dont l’albatros d’Amsterdam qui est le plus rare du monde, ainsi que des gorfous sauteurs. Toutes ces espèces se sont développées loin du contact humain, elles n’ont donc pas le réflexe de fuir en présence de l’homme, ce qui facilite grandement leur étude. Cependant il ne faut pas oublier que ce sont des animaux sauvages qui peuvent parfois être agressifs. Autour de l’île on observe également des orques et des baleines. Les programmes de recherche sur la faune peuvent être très divers. Pour l’essentiel il s’agit de suivre l’évolution des populations, d’évaluer leur taux de reproduction et d’étudier leur comportement. A terme ces études permettent de voir l’impact du changement climatique sur ces espèces qui sont les premières touchées. Concrètement, il faut compter, peser, mesurer les individus. Parfois leur poser une bague ou une puce. Pour toutes ces manipulations, les biologistes ont besoin d’assistance, mais nous ne pouvons en aucun cas intervenir sans leur accord et leur présence.

Comment se déroule la vie sur place, quelles contraintes spéciales y a-t-il ? Etes-vous formé à cela avant le départ, et si oui en quoi consiste cette préparation ?


Sur place nous vivons tous en collectivité dans une base. Les conditions de vie sont confortables, nous avons des chambres et des salles de bain individuelles, mais tous les repas et les activités de loisir se font en commun. Chaque base a ses spécificités liées à sa taille ou à son environnement. Sur l’île d’Amsterdam, la météo est relativement clémente, puisque le climat se rapproche de celui de la Bretagne, en un peu plus venteux. On est loin des -80°C que l’on trouve sur la base Concordia en Antarctique ! Les contraintes sont surtout liées à l’isolement et au fait de vivre dans une réserve naturelle. L’isolement nous oblige à être polyvalents, nous sommes tous potentiellement pompier, agent d’entretien, secouriste, infirmier… Sur place nous sommes formés par le médecin pour pouvoir l’assister en cas de nécessité. Avant le départ, nous sommes surtout sensibilisés à l’aspect « écologique » de cette aventure. Nous allons vivre au sein d’une réserve naturelle, il est donc important de minimiser l’impact que nous aurons sur notre environnement. Nous devons particulièrement faire attention à ne pas introduire accidentellement de nouvelles espèces végétales sous formes de graines qui pourraient être accrochées à nos vêtements.

Bon courage à vous, Olivier et n'hésitez pas à nous envoyer des photos de votre périple !


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Rédigé par Alexis Sableaux

mise à jour le 21 juillet 2015

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