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Rosetta : Sylvain Lodiot, ancien élève Phelma, pilote de la sonde à l'ESA

Publié le 16 juillet 2015
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23 septembre 2015

Sylvain Lodiot est diplômé 1999 de l’ENSPG, une des écoles fondatrices de Phelma. Aujourd'hui il est ingénieur au Centre européen de contrôle des opérations spatiales (ESOC), responsable de vol de la sonde européenne Rosetta pour l'ESA (Agence Spatiale Européenne). Il a préparé pendant deux ans toute la séquence du largage du module Philae sur la comète 67P et a piloté la sonde européenne jusqu’au fameux largage. Même si le contact avec le robot Philae est fluctuant, la mission Rosetta demeure un exploit technologique et ce qu'a réalisé le robot-laboratoire ce 12 novembre 2014 est définitivement une première historique.

Phelma Rosetta itw Sylvain Lodiot © Esa

Phelma Rosetta itw Sylvain Lodiot © Esa

Quel a été votre parcours depuis l’obtention de votre diplôme en 1999 ?

En octobre 1999, j’ai commencé à l’ESOC/ESA (Agence Spatiale Européenne) en Allemagne par le programme YGT (Young Graduate Trainee) de l’ESA sur le premier MSG (Meteosat Second Generation), un satellite d’observation météo. J’ai ensuite rejoint l’équipe Rosetta en sous-traitant pour Scisys. Puis, j’ai quitté l’Allemagne, destination Cannes, pour Rhea durant un an, suivi de 3 mois dans l’équipe de l’ATV au CNES Toulouse, et enfin deux ans aux Pays-Bas  à l'ESTEC/ESA dans l’équipe projet SMOS, Satellite d’observation de la Terre. Depuis 2007 je travaille directement pour l’ESA, à l’ESOC en Allemagne sur Rosetta. J’ai aussi participé au lancement de MSG-3, troisième dans la série, en 2011/12 pendant l’hibernation de Rosetta.

Sylvain LODIOT - diplômé 1999 - RosettaRacontez-nous l’expérience Rosetta. En quoi consiste le pilotage d'une sonde ?


Piloter une sonde, c’est l’amener à bon port et s’assurer que tout est mis en œuvre pour que les instruments que la sonde transporte, puissent faire des mesures scientifiques. Cela implique de la planification à long terme comme la fin de vie de Rosetta l’année prochaine, ainsi que de l’action à (très) court terme : la gestion de pannes à bord ou au sol. Rosetta est une sonde qui évolue loin de la Terre donc avec une certaine autonomie à bord, principalement liée à la gestion de pannes. Par contre toutes les activités à bord, par exemple la modification de trajectoire/pointages/observations scientifiques… sont programmées depuis le sol deux fois par semaine. Rosetta c’est 7000 télécommandes possibles pour 33000 paramètres télémétrie, ce qui nous donne l’état de santé de la sonde, pour environ 1000 à 1500 télécommandes exécutées par jour. Le signal, donc l’info, du sol vers Rosetta ou inversement c’est entre 15 et 50 minutes aller.

Philae vient de se réveiller après 7 mois de sommeil, quel est votre rôle actuellement ?

Pour la petite histoire, j’ai reçu un appel le premier jour de mes vacances un samedi à 23h30. Ce qui ne pouvait a priori être qu’un gros souci au niveau sonde. Cela a été une agréable surprise avec un appel de Philae ! Il a alors fallu coordonner des changements rapidement et en particulier faire en sorte que tous les responsables des instruments acceptent de changer la trajectoire Rosetta pour donner priorité aux contacts entre Philae et la sonde. Ensuite il a fallu mettre en place ces changements en coordination avec toutes les équipes qui gravitent autour de Rosetta. La petite histoire continue. Plus de contact avec Philae depuis le 24 Juin jusqu’à un appel ce matin à 1h30 : à nouveau je me dis gros problèmes en vue et c’est à nouveau Philae. On commençait à perdre espoir !



La comète 67P/Churyumov-Gerasimenko alias Tchouri atteindra son périhélie le 13 août 2015. Cette photographie a été prise par Rosetta (NavCam) le 7 juillet à 154 km du centre du noyau bilobé. La résolution est de 13,1 m/pixel. © Esa, Rosetta, NavCam, CC by-sa igo 3.0


Vos études à Phelma sont-elles en adéquation avec le poste que vous occupez ?


Comme Phelma, l'ENSPG était une école généraliste et c’était parfait pour moi car je n’avais aucune envie de me spécialiser et n’aurais pas su dans quoi. Cela m’a aussi confirmé que je ne voulais en aucun cas faire de la recherche ! Le parcours de classes préparatoires et le profil généraliste de l'ENSPG permet ensuite d’ouvrir beaucoup de voies. Cependant l'ENSPG n’est a priori pas l’école d’ingénieurs idéale pour entrer dans le spatial, les ingénieurs français autour de moi sortant plutôt de Centrale Paris ou Supaéro.

Quelle est selon vous la force de Phelma vis-à-vis du monde du travail ?


Difficile à dire, je suis parti en fin de deuxième année pour Imperial College à Londres et cela fait donc quelques années !  A l’époque, l'ENSPG semblait idéale pour faire de la recherche ou trouver un travail lié au nucléaire. Je vois qu'à Phelma l’international s’est énormément développé. C’est une très bonne nouvelle et essentiel dans le monde actuel. A l’époque, nous n’étions que très peu à vouloir partir à l’étranger. Je vois aussi qu’il y a de nouveaux domaines tels que l’environnement et les biotechnologies, ce qui permet d’offrir plus de choix et d’élargir les débouchés. Très peu de pays connaissent le système français des classes préparatoires et tous ces pays considèrent, par contre, une thèse comme primordial, alors que ce n’est pas le cas en France. C’est un gros handicap pour ceux qui cherchent à travailler à l’étranger. Une des forces de Phelma est de proposer de nombreux masters recherche dans beaucoup de disciplines différentes, ce qui permet d'enchainer sur une thèse de doctorat.

Que diriez-vous aux étudiants Phelma ou à un jeune taupin qui ne saurait pas vers quel secteur ou quel métier se tourner ?


C’est important de préparer son entrée en école d’ingénieurs en s’informant bien en avance de ce que les écoles font et quels en sont les débouchés. A l’époque j’avais simplement intégré l'ENSPG car généraliste et la meilleure école possible vu mon classement. Ce n’est clairement pas assez et j’imagine que l’information se fait mieux aujourd’hui, via internet. Les stages sont d’une grande importance et surtout les contacts que l’on s’y fait. Il est essentiel de laisser une bonne impression. Les entreprises prennent des stagiaires aussi en pensant à leurs futurs besoins et en vue d’un repérage.

Crédits photos : Sylvain LODIOT © ESA


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Rédigé par Josiane Buissiere

mise à jour le 7 octobre 2015

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