Les œuvres présentées pouvaient prendre des formes variées : textes, photographies, dessins, peintures, bandes dessinées, créations multimédias ou encore performances filmées. Toutes avaient pour ambition de mettre en lumière la diversité sous ses multiples dimensions : égalité de genre, handicap et accessibilité, lutte contre les discriminations, richesse des parcours de vie, des origines et des identités.
Valérie Parry, enseignante-chercheuse à Grenoble INP - Phelma, UGA et au laboratoire Science et ingénierie des matériaux et des procédés (SIMAP) s'est distinguée grâce à une œuvre qui a su toucher le jury par sa sensibilité, son originalité, sa poésie et la force de son message.
Cette récompense met en valeur l'engagement de notre communauté en faveur de l'inclusion et de l'ouverture à la diversité.
Pour ce concours et pour aborder les questions de diversité et d’inclusion, j’ai proposé trois textes illustrés. Pour moi, les gestes les plus ordinaires de réduction, de reconnaissance ou d’ouverture se jouent souvent dans la relation elle-même. À travers ces textes, j’ai souhaité explorer l’idée que l’inclusion n’est possible qu’à condition de renoncer à définir l’autre.
En effet, c’est souvent dans les interactions que les fonctionnements deviennent visibles et prennent leur sens. Les textes proposés ne cherchent pas à dire qui a raison ou tort, ni à définir les personnes. Ils s'intéressent plutôt à ce qui se passe entre elles : aux malentendus, aux ajustements, aux complémentarités ou aux tensions.
Pour l'illustration, j’ai pensé à un calligramme et des origamis car le pliage et les jeux de formes se prêtent particulièrement bien à évoquer la construction d’une identité : des nuances, des mouvements, des tensions, qui ne peuvent pas se réduire à une seule fonction ou à une seule définition.
En recherche, mon profil assez généraliste me conduit à travailler à l’interface de plusieurs disciplines — chimie des matériaux, électrochimie, mécanique des interfaces et modélisation micromécanique — ainsi qu’à favoriser le dialogue entre communautés scientifiques. Je coordonne notamment le projet ANR RACCOON, dont l’objectif est de comprendre comment, lors de l’oxydation à haute température, l’évolution de la microstructure et des propriétés mécaniques interagissent et se transforment mutuellement. Aucun de ces phénomènes ne suffit, à lui seul, à expliquer le comportement du matériau ; c’est dans leurs interactions que se construisent les propriétés observées.
Le point commun entre mon activité de recherche et l’écriture est peut-être cette idée que la compréhension naît moins de l’analyse d’éléments isolés que de l’attention portée aux liens qui les relient.
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Texte de la première illustration :
Un fil coloré, puis un autre, du joli fil doré, du lisse, du simple. Voilà pour la chaîne.Une trame lucide, discrète et attentive, mais vivante et spontanée.
Et tant de nuances aux croisements de ces fils : du plein, de l’ambigu, du mouvant.
Et voilà une robe en tartan, ce tissu à carreaux des punks et des traditions.
— Oh ! Un torchon à essorer, un mouchoir pour éponger, un tablier pour protéger...
— Et pourquoi pas une serpillière ?
— Mais pourtant, tu absorbes.
— Non, je suis poreuse, je comprends.
— Tu débordes !
— Non, je ressens.
— Tu es rigide.
— Je n'ai d'usage que ma présence. Je ne suis pas qu'un tissu. Regarde les plis de ma jupe : ces carreaux ne sont pas fermés, ces lignes ne sont pas droites. Ce sont des chemins à parcourir, et aucun ne se ressemble.